Dieudonné ou la subversion par l’ambiguïté

LégipresseL’’humoriste Dieudonné donna en 2008 au Zénith un spectacle intitulé « J’’ai fait l’’con. » Bien qu’’il y ait eu plusieurs représentations, c’’est le 28 décembre que survint un incident intensément polémique : une subversion des symboles de l’’identité et de la mémoire juive avec le concours du négationniste Robert Faurisson (§I). Pour le juriste, la difficulté réside dans le décalage considérable entre un trouble manifeste à l’’ordre public et la réalité de l’’incident. Tandis qu’’au plan formel, les propos ne visent pas un groupe de personnes déterminé, la mise en scène peine à être considérée comme injurieuse per se. L’’arrêt commenté lève l’’obstacle en appréciant l’’incident dans sa globalité (§II). Partant, l’’humoriste est à bon droit condamné pour injure à l’’égard de la communauté juive. Mais une partie de la motivation de l’’arrêt ne convainc guère, quand elle justifie la répression par le fait que Dieudonné n’’aurait plus agi en artiste mais en homme politique (§III).

Article de David Lefranc paru in Légipresse juill./août 2011, n° 285, pp. 429-433 (accessible sur cairn.info)