Photographies érotiques de mineurs : la justice confrontée à l’héritage libertaire des années soixante-dix

Le 17 décembre 2012, le Tribunal de grande instance de Paris a condamné Irina Ionesco au titre d’une violation du {droit à l’image} et du {droit au respect de la vie privée} de sa fille Eva. Enfant, sa mère l’avait mise en scène dans des situations et des accoutrements érotiques dès l’âge de 4 ans. Il est clair que la période des années soixante-dix de l’après mai-68 a connu une certaine permissivité en matière de sexualité infantile. Des philosophes notoires prônaient alors l’abaissement de la majorité sexuelle en France et ailleurs, à une époque où les grandes affaires de pédophilie n’avaient pas encore éclatées. La prremière sera celle dite du Coral dans les années 1980. Suivront ensuite de nombreuses affaires avant et après l’affaire Marc Dutroux pendant une décennie à compter du milieu des années 1990. Ce rappel historique permet de mieux comprendre la déclaration de Maître Jacques-Georges Bitoun, avocat de la demanderesse, évoquant une époque où les réseaux pédophiles avaient encore beaucoup d’influence, ce qui est tout à fait certain. En dehors des dommages et intérêts, Eva Ionesco n’obtient pas la restitution de {négatifs} saisis sur ordonnance préalable. Apparemment, l’interdiction d’exploitation n’a pas pu être obtenue non plus. Les juges ont-ils eu à coeur de trouver un équilibre entre les {droits de la personnalité} et le principe de la {liberté de l’art} ? Malheureusement, nous n’avons pas encore pu obtenir copie de la décision.

(Source : Le Monde)