Publications internationales

Maître David Lefranc a publié plusieurs contributions pour des éditeurs britanniques et belges, le plus souvent en langue anglaise.

Protection en Europe du design américain

jurisartLes éditeurs américains de design tentent de profiter en Europe de la théorie de l’unité de l’art pour ressusciter sur le fondement du droit d’auteur leurs droits éteints aux États-Unis sur de vieux modèles. Mais la convention de Berne s’y oppose, dès lors que le designer est de nationalité américaine et que sa création est insusceptible de protection au titre du copyright dans le pays d’origine.

Article de David Lefranc paru in juris art etc. janv. 2016, n° 31, pp. 34-37

Do the French have their own « Haelan » case? The droit à l’image as an emerging intellectual property right

IP at the Edge

No need to wait for the answer: French caselaw has no equivalent to the Haelan decision (Haelan Laboratories, Inc. v. Topps Chewing Gum, Inc, 202 F.2d 866 (2d Cir. 1953)). No court has yet clearly asserted that celebrities “would feel sorely deprived” if they could no longer exploit their fame. As a result, there is no decision laying the foundation for an exclusive right in the market value of celebrity identity. Instead, there are innumerable decisions that in fact apply such a right, without ever explaining why, because French judges are very reluctant to articulate principles and lay down rules. Article 5 of the Civil Code, moreover, formally prohibits French judges from doing so. Nonetheless, a judge-made phenomenon very similar to the “right of publicity” (including its normative shortcomings) can be observed in France. It is therefore worth endeavoring a comparison between French and US publicity rights.

Contribution de David Lefranc parue in Rochelle Cooper Dreyfuss and Jane C. Ginsburg (dir.), Intellectual Property at the Edge. The Contested Contours of IP, Cambridge University Press, 2014

Historical perspective on criminal enforcement

Criminal Enforcement of IPIt falls to us to inform the reader of the history of the penalties which ensure the protection of intellectual creation. Ideally, this study should be an account of comparative law. But the amplitude of the task would require long years of research and the collaboration of numerous authors. The present contribution is not a substitute for work of that scope. It adopts an essentially French point of view.
In France, intellectual property in the modern sense of the term is the result of legislation enacted between 1791 and 1857. The contribution of the twentieth century is to have synthesized the laws. But the invention of the subject happened during the first half of the nineteenth century. It is at this time that treatises uniquely concerning intellectual property appeared.
The system of privileges of the Ancien Régime does not constitute an intellectual property law in the strict sense of the term, even if there are several common points. It is possible to draw together privilege and property rights, considering that both give their beneficiaries exclusive rights. Nevertheless these concepts are not equivalent. Contrefaçon (ie intellectual property infringement) is doubtless the only common factor between the two periods. It was punished before and after the French Révolution. As we shall see, its penal sanctions show remarkable continuity from the invention of printing until the end of the nineteenth century.

Contribution de David Lefranc parue un Christophe Geiger (dir.), Criminal Enforcement of Intellectual Property. A Handbook of Contemporary Research, Edward Elgar, 2012, pp. 101-127

Du cumul des droits de propriété intellectuelle. Dans les entrailles de l’affaire « Loulou »

A&MLes juristes spécialisés en propriété intellectuelle raisonnent en termes d’objet de protection. Une création originale est objet de droit d’auteur, un signe distinctif est objet d’un droit de marque, une invention nouvelle est objet d’un brevet. C’est ainsi qu’en doctrine, il existe des ouvrages ou des parties d’ouvrages dédiés à chacun de ces droits. Les entrepreneurs ne raisonnent pas ainsi. Les entrepreneurs pensent en termes de prestation économique. Ce peut être un produit ; ce peut être un service. Et cette prestation capitalise une renommée fonction du succès rencontré auprès du public . Or de nombreuses hypothèses existent où une prestation économique offre à elle seule une pluralité d’objets de propriété intellectuelle. Ce possible cumul de titres embarrasse fort le praticien du droit, qui ne trouve à sa disposition aucun ouvrage « croisant » les différents droits intellectuels. Ce n’est qu’au gré de contentieux judiciaires peu nombreux qu’il découvre en quelque sorte les conséquences juridiques de cette situation récurrente.

Article de David Lefranc paru in Auteurs & Média 2011/1, éd. Larcier, Bruxelles, pp. 37-47

The metamorphosis of contrefaçon in French copyright law

Copyright and PiracyIn French copyright law, contrefaçon consists of the infringement of any of author’s rights. As the only basis for a remedy for the violation of French droit d’auteur, contrefaçon originally lacked a broad scope. The expansion of contrefaçon is a relatively recent development which is now being challenged by the delinquency of the general public.
In the past, the general public associated contrefaçon exclusively with the sale of counterfeit goods of luxury brands. The media regularly echoed this narrow interpretation. It is only recently that the contrefaçon of works of authorship has been in the media spotlight. The general public has grown increasingly aware that downloading movies or songs without authorisation is illegal. In 2006, a large part of French public opinion demanded the freedom to download, in other words, the end of contrefaçon on the internet – at least as applied to non commercial users. In summary because the public understands contrefaçon to entail the penalty of either a monetary fine or the threat of imprisonment, public opinion considers actions for contrefaçon to impede free access to culture and to marginalize young people. The concept of contrefaçon is clearly undergoing an unprecedented crisis of legitimacy. This phenomenon however appears specific to droit d’auteur. In contrast, the sanctions associated with trade mark and patent infringements are not being challenged; in fact the European Union does not hesitate to describe these infringements as a kind of international organised crime. History might help us understand why contrefaçon is so contested when it comes to copyright. This chapter therefore will broadly survey the history of contrefaçon in French droit d’’auteur.

Contribution de David Lefranc parue in Lionel Bently, Jennifer Davis & Jane C. Ginsburg, Copyright and Piracy. An Interdisciplinary Critique, Cambridge University Press, 2010, pp. 55-79

La spécificité des règles de conflit de lois en droit communautaire dérivé. Aspects de droit privé

RCDIPL’Union européenne produit un nouveau droit international privé pris entre les exigences de cette discipline et celles du droit communautaire. Pour mesurer cet affrontement, l’étude des règles de conflit de lois dispersées dans les directives communautaires semble plus pertinente que celle du projet Rome II d’inspiration classique. Partant, il apparaît que la spécificité desdites règles de conflit de lois réside à la fois dans leur méthode et dans leur nature. Le facteur de rattachement des règles communautaires de conflit de lois est d’apparence bilatérale. Cependant, la loi d’un pays tiers, non membre de la Communauté, est soumise à des mécanismes d’éviction d’inspiration unilatéraliste, visant à garantir sur le territoire européen un niveau de protection élevé. La spécificité de la méthode résulte aussi de ce que les règles de conflit ne sont considérées que comme un outil technique au service de la libre circulation. Leur nature ne se dévoile que si l’analyse est menée du point de vue communautaire : elles apparaissent alors comme des règles de conflit interne. En effet, elles cherchent moins à trancher un conflit entre des lois étrangères qu’à désigner la loi applicable parmi un ensemble de « lois-sœurs », que l’appartenance à la Communauté met sur un pied d’égalité. Il est permis de se demander s’il s’agit d’un conflit de type fédéral, interpersonnel ou interrégional. Cette recherche n’en est pas moins troublante, dans la mesure où le droit communautaire institutionnel ne reconnaît aucun « État européen », dont l’unicité du territoire permettrait d’édicter de telles règles de conflits internes.

Article de David Lefranc paru in Revue Critique de Droit International Privé juill.-sept. 2005, p. 413